La compagnie des Créneaux a été créée par Gabriel CHATAIGNIER dit Gabychat figure ô combien importante du Boupère à qui l’on doit aussi la création des Joyeux Vendéens et, pour l’anecdote, que Philippe DE VILLIERS est venu chercher lorsqu’il a créé la cinéscènie du Puy du Fou pour l’aider à organiser le flot de bénévoles nécessaires à sa bonne réalisation. On connait le succès depuis de ce spectacle et la suite de l’aventure…

La compagnie, forte d’environ 150 bénévoles, s’active tous les deux ans pour présenter, une revue dont la renommée a dépassé les frontières de notre département.

De mi-janvier à début avril, les années impaires, avec 28 ou 29 représentations, ce sont pas moins de 11.000 spectateurs qui viennent applaudir ces bénévoles passionnés.

 

l’esprit de GABYCHAT qui anime la Revue :

Tout d’abord, un élan créatif, marqué par une recherche de la qualité artistique au sein d’un spectacle populaire. Gabriel Chataigner, le fondateur, indiquait lui-même les idées phares lors d’une interview donnée à la presse dès 1956: « Mettre en valeur les idées simples et populaires, des idées actuelles, s’inspirant des événements de l’année, où les gens se retrouvent… Le spectacle doit être vif, d’où la nécessité de mouvement, d’un dialogue alerte et sans longueur, comportant un cachet artistique. L’emploi judicieux des techniques modernes. Une mise en scène adaptée et soignée quel que soit le genre de pièce interprété. » Ces orientations visionnaires et judicieuses sont encore d’actualité aujourd’hui.

Une autre marque de fabrique a été, et demeure celle d’un spectacle enraciné dans un terroir, celui du Boupère. La première Revue, en 1951, fut jouée presque totalement par des acteurs résidant dans les environs de la Nivretière, village natal de Gabriel Chataigner; elle fourmille de potins locaux: l’accident survenu au chef de la fanfare, les mariages à l’époque, l’émigration forcée des jeunes agriculteurs vendéens vers les départements voisins. Chaque revue comportera désormais des allusions à la vie locale. Deux autres facteurs concourant à cet enracinement sont sans nul doute l’utilisation récurrente du patois bocain et la mise en boîte. Quasiment toutes les Revues, sauf, paradoxalement, les toutes premières font la part belle à la saveur patoisante. Quant à la « mise en boîte », elle consiste à raconter à l’improviste une mésaventure survenue à l’un des spectateurs présents ou à le railler gentiment.

Il est indéniable que, depuis soixante-cinq ans, la revue a contribué à créer du lien social. Au tout début, elle était l’affaire de quelques acteurs et musiciens. Assez rapidement, l’association s’est étoffée et, toujours dans l’esprit du bénévolat, elle en est arrivée à constituer un groupe composé actuellement de plus de 150 personnes qui, bon an, mal an, travaillent ensemble pour tenter de produire un spectacle de qualité. L’ouvrier peut côtoyer un chef d’entreprise, les enfants leur instituteur… Malgré quelques frictions inévitables, le résultat est là: sous l’égide de plusieurs metteurs en scène du cru, les tableaux se mettent en place; les danseuses concoctent leurs ballets, les musiciens peaufinent leurs morceaux. Dans l’atelier, les machinistes mettent la dernière main à des décors parfois grandioses. Les personnes de service connaissent leur planning. Un bel exemple de cohésion sociale où tous les acteurs concourent au même but, celui d’un spectacle et d’un accueil réussis.

 

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